Fé-mi-ni-té

Fé-mi-ni-té

Fé-mi-ni-té

Je me constitue un réservoir à souvenirs, une mémoire débordante de vies

Tryptique, 150 cm X 65 cm. Huile sur toile et fil rouge.

Trois jeunes filles en tabliers se promènent dans la vie. Leur volonté, grandir. Elles s’amusent à faire comme. Elles se multiplient. Elles passent les obstacles. Elles s’opposent aux autres et ne deviennent plus qu’une. Elles s’amusent à faire comme ci-comme ça. Elles se multiplient. Elles s’amusent à faire comme. Elles passent les obstacles. Elles s’opposent aux autres et ne deviennent plus qu’une. Elle passent les obstacles. Trois jeunes filles se promènent dans la vie

mi

Doucement, elle laisse tomber le vêtement enfantin à ses pieds. Elle abandonne la salopette. Elle devient femme. Je deviens une femme. Je me constitue un réservoir à souvenirs, une mémoire débordante de vies. Elle devient femme. Je deviens une femme. Je me scrute. Je me découpe. Je m’explore morceaux par morceaux. Je fais des figures. Je m’amuse à perdre du temps. Je danse, je joue, je me joue des obstacles. je danse, je me donne.

ni

Doucement, je laisse tomber le vêtement enfantin à mes pieds. J’abandonne la salopette. Je me constitue un réservoir à souvenirs, une mémoire débordante de vies. Je me scrute, je me découpe, je m’explore morceaux par morceaux. J’abandonne la salopette. Je me constitue un réservoir à souvenirs, une mémoire débordante de vies. Je me scrute, je me découpe, je m’explore morceaux par morceaux.

Mon corps change. Je me mélange, je perds mes repères. Je me défends. Je suis calme. Mon corps change. Je me mélange. Je perds mes repères. Je me dédouble. Je me noie. Je suis morte. Bouleversée, mélangée, illimitée. Je me noie. Je me dissous. Je suis morte.


 Quatre syllabes qui jouent, composent, se décomposent. « S’opposent aux autres et ne deviennent plus qu’une. » Quatre syllabes qui se promènent sur la page, « s’amusent à faire comme », « se multiplient » et « passent les obstacles ». Comme pour reconstruire quelque chose, un concept, une musique, une idée. Quatre notes, quatre vers qui dansent, donnent, se donnent. Constituent un réservoir de sensations, de changements, de couleurs. Quatre morceaux découpés d’un même mot, d’une même intégrité. Qui débordent de vie.

A l’origine, fé-mi-ni-té était un tableau, en vérité : quatre tableaux, quatre mêmes pièces d’un seul puzzle. Un « quadriptyque », s’il faut employer des néologismes savants. A l’origine, Laurence Bernard était une petite fille, puis elle est devenue une artiste.

Un jour, à force de figures, de temps perdu et de souvenirs, l’artiste laissera tomber ses vêtements : elle sera morte. En attendant.

Laurent Herrou – 2014


Reportage FE-MI-NI-TE

Manoli Roca, en formation d’opératrice de prise de vues vidéo à l’AFPA d’Issoudun m’a contacté. Dans le cadre de sa formation Manoli doit réaliser un sujet de reportage/documentaire sur le thème « artiste », le tournage dure une journée. Elle a choisi de s’intéresser à ma série Fé-mi-ni-té.

Retrouvez son film sur ma chaîne Youtube :


Publication

Ghost notes de Christian Degoutte vient de paraître aux éditions Potentille

 «  7- Joie bruyante de septembre – rires des filles aux terrasses bondées d’après les cours- mêler ses jambes aux jambes incessantes des rues- caresser d’une prairie de jambes les visages tombés morts »  Christian Degoutte – Extrait de Guitare, profonde fontaine. Ghost notes, éditions Potentille-2017

 Le site des éditions : https://potentille.jimdo.com/